Être lent, ou la force tranquille du chemin
Marcher lentement, ce n’est pas seulement avancer moins vite vers Santiago, c’est aussi rencontrer autrement la route, le paysage, soi-même. Pourtant, il arrive qu’à ce rythme posé, le doute, la lassitude ou le regard des autres viennent bousculer la motivation. Pourquoi persévérer, alors ? Parce qu’avancer à petits pas, c’est souvent aller plus loin, avec moins d’inquiétude et plus de douceur envers soi.
Avancer doucement donne le temps d’écouter son corps, de ménager ses forces mais, parfois, cela confronte aussi à l’impatience ou à l’impression de « traîner ». On peut se sentir « moins pèlerin » parce qu’on n’enchaîne pas les kilomètres quotidiens. Pourtant, une enquête de l’Association des Amis de Saint-Jacques révèle que plus d’un tiers des marcheurs ayant plus de 60 ans font le choix, volontairement ou non, de rythmes inférieurs à 20 km par jour (Compostela France, Statistiques 2019).