Les critères essentiels pour choisir son point de départ
L’état de santé et le niveau d’endurance personnelle
Avant tout, il est important de faire le point, en toute honnêteté, sur ses forces et faiblesses. Marcher entre 15 et 25 km par jour, parfois plus, n’est pas anecdotique pour le corps. Selon une enquête de la Fédération Française de Randonnée, 60% des incidents survenant sur les chemins concernent des marcheurs non préparés, souvent sur les premières étapes.
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Capacité cardiovasculaire : Même sur des étapes modérées, le cœur est sollicité. Un test d’effort chez un cardiologue n’est pas de trop après 60 ans (source : Fédération Française de Cardiologie).
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Articulations et muscles : Les descentes du Pays basque ou les reliefs auvergnats mettent les genoux à rude épreuve. Adapter la longueur et la difficulté des étapes est plus important que la destination finale.
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Habitude de la marche : À tout âge, mais surtout après 65 ans, il est conseillé de s’entraîner quelques semaines avant le départ, sur des chemins similaires.
La nature du terrain sur les premiers jours
Chaque voie a sa personnalité : certains chemins sont plus roulants, d’autres sont abrupts, voire caillouteux. Les étapes du Camino Francés, au départ de Saint-Jean-Pied-de-Port, imposent rapidement le passage des Pyrénées. En 2019, plus de 15% des abandons annuels recensés par l’Office des Pèlerins de Saint-Jean-Pied-de-Port surviennent à cette étape, chez des personnes peu habituées à la montagne.
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Chemins plats vs. chemins escarpés : Le chemin du Littoral, partant de Bayonne, offre un profil moins exigeant que le Camino del Norte ou le chemin du Puy.
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Revêtement : Terre, cailloux, bitume… Certains seniors apprécient les portions bitumées pour leur régularité. Mais attention, elles sollicitent différemment les articulations.
La souplesse de l’organisation de la première semaine
S’accorder le droit de débuter en douceur change tout : il est parfois pertinent de commencer à un point où les étapes sont plus courtes ou les villages nombreux, surtout sur les premiers jours.
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Distances modulables : Le Chemin d’Arles permet de ne parcourir que 10 à 12 km par jour sur les premières étapes. On y rencontre d’ailleurs beaucoup de seniors qui prennent ce rythme.
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Fréquence des hébergements : Entre Gradignan et Captieux, par exemple, on trouve régulièrement des accueils avec une atmosphère paisible — essentiels pour la récupération.
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Possibilité d’écourter ou de rallonger l’étape : Certains départs, comme Lectoure ou Moissac, sont desservis par les transports, ce qui permet de s’adapter facilement en cas de difficulté.