Condition physique : se mesurer sans se surévaluer, ni se sous-estimer
Évaluer honnêtement sa forme du moment
Avant de choisir où commencer, il est essentiel d’évaluer ce que "faire le chemin" peut signifier pour votre corps : marches régulières, randonnée occasionnelle, ou simplement promenade dominicale. Êtes-vous capable de marcher 10 km, 20 km ou plus chaque jour pendant plusieurs jours d’affilée ?
Selon la Fédération Française de Randonnée (source FFRandonnée 2023), la moyenne quotidienne pour un marcheur sur Compostelle oscille entre 20 et 25 km (soit environ 5 à 7 heures de marche par jour). Mais on trouve aussi bien des seniors et débutants se limitant avec raison à 12 ou 15 km (source Amis de Saint-Jacques). Les statistiques du bureau des pèlerins à Saint-Jacques montrent d’ailleurs qu’un nombre croissant de pèlerins âgés de plus de 65 ans adaptent leur parcours en ne marchant qu’une demi-journée par étape avec succès.
- Adaptez le départ : Pour une première expérience, il est préférable de partir d’une étape qui permet de « tester » sa forme sur 3 à 4 jours, avec possibilité de s’arrêter facilement (présence de transports, hébergements, pharmacies).
- Laissez-vous du jeu : Choisir un début sur un tronçon peu difficile, comme les étapes du Gers sur la voie du Puy, plutôt que de franchir le col de Roncevaux le premier jour (étape physique entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux : 27 km et 1 200m de dénivelé positif).
Âge, petits bobos et reprise : des choix malins et rassurants
Marcher sur Compostelle n’est pas réservé aux plus jeunes. Mais avec l’âge ou quelques soucis de santé (articulations, essoufflement, fatigue chronique), il vaut mieux s’épargner certains passages réputés pour leur rudesse, au moins en début de parcours. Un fait : selon l’association Compostelle France (source), presque 30% des pèlerins français ont plus de 60 ans et près de 40% ne font qu’une portion du chemin.
- Privilégier une arrivée accessible : possible en train, voiture ou bus, pour éviter toute fatigue inutile avant même de marcher.
- Éviter les étapes montagneuses d’entrée de jeu : préférez le Lot, la plaine d’Aquitaine ou la périphérie bordelaise pour démarrer sur du plat.
- Partir en douceur : Commencez par 2 ou 3 étapes courtes, quitte à prolonger si vous vous sentez bien.
- Anticiper les imprévus : choisissez un secteur où il est facile de trouver une pharmacie, appeler un taxi ou regagner une ville en bus si besoin.
Quelques villes appréciées pour leur accessibilité et leur « douceur de départ » parmi les seniors : Moissac, Aire-sur-l’Adour, Auch, Condom sur la voie du Puy — mais aussi Dax, Bayonne, pour rejoindre plus tard le Chemin du Nord (moins fréquenté mais très beau).