Marcher, c’est déjà commencer à se quitter : le sens du départ
Avant de parler sacs à dos et semelles, abordons ce que représente le départ sur un chemin comme Compostelle. L’expérience commence bien avant le premier kilomètre parcouru. Dire au revoir à ses habitudes, choisir de ralentir sa vie, c’est déjà une aventure.
Bien souvent, le départ marque une intention. Selon une enquête de l’Agence française des chemins de Compostelle, 56% des marcheurs déclarent vouloir “se ressourcer” en priorité, quand près d’un sur deux (48%) parle d’un besoin de “rupture” avec leur quotidien (Agence française des chemins de Compostelle). Ce projet a une profondeur, et le préparer demande de l’attention – non seulement à ce que l’on emporte, mais à ce que l’on laisse derrière soi.
Pour bon nombre, et plus encore chez les seniors, partir c’est aussi traverser ses peurs : la fatigue, la solitude, la nouveauté, les petits bobos du corps. Mais c’est aussi offrir à sa marche une valeur symbolique dès les premiers gestes – dire au revoir à sa famille, écrire une lettre à soi-même à lire à l’arrivée, bénir ses chaussures, ou tout simplement, prendre le temps de s’asseoir la veille en se demandant : “À quoi est-ce que je tiens vraiment, et qu’est-ce que je peux laisser ?”.