Respirer et marcher plus loin : Préparer son souffle et son endurance avant le chemin

12 août 2025

compostellegradignan.fr

Comprendre les enjeux du souffle et de l’endurance après 60 ans

Avant d’évoquer des exercices, il est utile de comprendre ce qui change vraiment avec l’âge. Contrairement à certaines idées reçues, il n’y a pas de fatalité au ralentissement. Notre capacité respiratoire baisse progressivement à partir de 30-35 ans : on estime qu'une personne de 70 ans a en moyenne une capacité pulmonaire inférieure de 30 % à celle de ses 25 ans (source : Fédération Française de Cardiologie). Ce chiffre est une moyenne, et il varie grandement selon les modes de vie.

Quant à l’endurance musculaire, elle dépend avant tout de la régularité de l’activité physique, de l’état des muscles, du cœur, et de la souplesse articulaire. Les seniors actifs qui marchent régulièrement ou qui pratiquent une activité, même modérée, gardent une très bonne réserve. La plasticité du corps, sa capacité à progresser avec l’entraînement, reste présente à tout âge.

Les bases d’une préparation douce et progressive

Se préparer pour marcher plusieurs jours de suite ne se résume pas à « s’entraîner à marcher loin ». L’objectif est d’installer des routines respectueuses, variées et surtout progressives. Voici une approche concrète :

  • Trois sorties par semaine : Il ressort des études sur la réadaptation cardiorespiratoire (Inserm) qu’un minimum de 150 minutes d’activité d’endurance par semaine, fractionnées en plusieurs séances courtes, demeure idéal. Par exemple, trois marches de 50 minutes sont plus efficaces qu’une seule de plusieurs heures.
  • Allez du facile vers l’un peu moins facile : Commencez sur du plat, puis introduisez peu à peu de petits dénivelés : un terrain vallonné prépare doucement muscles et souffle.
  • Lenteur assumée : Restez dans une zone d’effort où vous pouvez tenir la conversation sans être essoufflé : c’est la meilleure intensité pour améliorer l’endurance et l’oxygénation.

Quelques repères simples pour évaluer son souffle

  • Échelle de Borg : Il s’agit d’une échelle subjective de difficulté de l’effort de 0 à 10. Sur vos sorties, restez entre 3 et 5. Ce repère est validé par les kinés et médecins du sport.
  • Test de la phrase : Pouvez-vous réciter quelques lignes d’un poème ou parler sans haleter ? Si oui, vous êtes dans la bonne zone !

Travailler la respiration pour marcher plus longtemps

Avec le temps, on adopte des respirations un peu courtes, sans s’en rendre compte. Pour la marche, une bonne oxygénation est essentielle. Quelques exercices de la vie quotidienne suffisent pour relancer la machine :

  • Respiration abdominale : Allongé(e) ou assis(e), posez la main sur le ventre et inspirez par le nez, en gonflant doucement le ventre. Expirez lentement par la bouche. Pratiquez ceci 5 minutes, deux fois par jour, en augmentant progressivement.
  • Expirer deux fois plus longtemps qu’on inspire : Cela aide à vider les poumons, et apaise l’effort ressenti à la marche. Par exemple, inspirez sur 3 secondes, soufflez sur 6 secondes.
  • “Pas de deux” : Lors de vos sorties, testez ce rythme : inspirez sur deux pas, expirez sur deux pas, puis adaptez en fonction de votre confort. Cela soutient une respiration rythmée, évitant l’essoufflement au fil des kilomètres (source : Fédération Française de Randonnée).

En s’attachant à ces petits exercices, on retrouve souvent un souffle plus libre en quelques semaines seulement. Les poumons redevenus souples, l’effort paraît moins difficile, et le cœur s’économise.

L’importance discrète mais capitale du renforcement musculaire

Marcher longtemps ne sollicite pas que le souffle ou les jambes : le haut du corps, les abdominaux, et même les bras y participent. Une étude publiée par Science et Sport (2021) montre que chez les marcheurs de plus de 65 ans, un renforcement léger, réalisé en complément de la marche, réduit de plus de 40 % la fatigue ressentie en randonnée.

Voici comment l’intégrer, simplement :

  • Deux séances hebdomadaires de 20 minutes d’exercices ciblés : gainage soft (tenir sur les coudes et les genoux 20 à 30 secondes), exercices avec une chaise (s’asseoir et se relever dix fois de suite), travail des bras avec de petites bouteilles d’eau.
  • Étirements réguliers, surtout des mollets et cuisses.
  • Équilibre : monter une marche doucement, puis la redescendre, plusieurs fois. Utile aussi pour la prévention des chutes !

Ce travail doux, surtout s’il est régulier, prépare le corps à affronter de petites montées, porter un sac léger, et marcher plus loin sans se fatiguer prématurément.

Accepter et écouter ses propres seuils : la clé de l’endurance durable

Il est inutile et même risqué d’essayer de forcer le rythme pour progresser plus vite. Le baromètre, c’est votre bien-être et ce que raconte votre souffle. Le sommeil, la récupération, la sensation de plaisir en marchant sont autant de signes que l’entraînement “prend”.

Des chercheurs du CHU de Toulouse ont observé que les marcheurs de plus de 65 ans qui augmentent la durée de leur sortie hebdomadaire de seulement 10 % chaque semaine progressent significativement… sans augmenter le risque de blessure.

Prendre le temps de s’arrêter, admirer un chant d’oiseau ou sentir l’air du matin, c’est aussi entraîner l’endurance mentale. Le chemin est aussi fait de patience, pas après pas.

Hydratation et nutrition : des alliées essentielles pour le souffle et la distance

Au fil des kilomètres, le corps perd de l’eau mais aussi des minéraux essentiels (sodium, potassium, magnésium). Même une légère déshydratation peut essouffler plus rapidement. Les recommandations pour les seniors sont claires : visez au moins 1,5 L d’eau par jour, davantage par temps chaud ou si la marche est prolongée (source : ANSES).

Évitez les grands excès de sucre et privilégiez :

  • Les fruits frais et secs (banane, abricot sec, figue…)
  • Du pain complet, source d’énergie lente
  • Un peu de fromage, apport de protéines pour l’endurance musculaire

Savourer une soupe maison en fin de journée est aussi une excellente façon de reconstituer les réserves sans surcharger la digestion.

Bien respirer et tenir la distance : appuis locaux et petits secrets de Gradignan

À Gradignan, bien des marcheurs du chemin de Saint-Jacques font leur “mise en jambes” dans le parc de Mandavit ou le long de l’Eau Bourde. Le terrain légèrement vallonné, l’ombre des grands arbres et la douceur du climat bordelais créent un environnement idéal pour s’entraîner. Voici quelques habitudes, notées chez les pèlerins chevronnés :

  • Prévoir quelques haltes assises, pas uniquement pour le repos mais aussi pour observer sa propre respiration et ajuster son rythme.
  • Varier les heures de sortie pour apprendre à supporter des températures différentes, un bon entraînement en prévision d’un climat parfois changeant sur le chemin.
  • Participer à des marches collectives organisées par la maison des associations de Gradignan ou par l’Association des Amis de Saint-Jacques : l’effet d’encadrement, la convivialité, et la fixation naturelle d’un “rythme de groupe” stimulent progrès et sécurité (source : Association Compostelle Gironde).

Le mental, ce souffle intérieur qui porte loin

Il ne faut pas négliger l’effet de l’attention portée à soi, ni la force des souvenirs, de l’intention de marche. Plusieurs recherches en psychologie du sport montrent que le sentiment d’auto-efficacité (confiance en sa capacité à faire) est l’un des meilleurs leviers pour la persévérance, même en cas de fatigue (source : revue Gériatrie et Psychologie du Vieillissement, 2019).

Se rappeler chaque matin de ce qui nous a mis en route, échanger avec d’autres marcheurs, écrire brièvement après chaque sortie, ce sont là de petites méthodes de “souffle intérieur”. Elles n’ont rien à voir avec la performance mais beaucoup, énormément, avec la capacité à profiter du voyage, à écouter ses sensations et à marcher longtemps, heureux.

Pour aller plus loin : quand et pourquoi consulter un professionnel ?

Il reste essentiel, surtout au-delà de 65 ans, de bénéficier d’un avis médical avant d’entreprendre un projet de longue marche. Un bilan simple chez son médecin traitant permet d’ajuster la préparation. Certains centres spécialisés dans la préparation des seniors aux sports d’endurance (comme le CREPS de Bordeaux) proposent des tests de marche de 6 minutes, des évaluations du souffle ou des ateliers dédiés.

Dans le doute, il vaut mieux poser deux fois la question et partir le cœur léger. C’est le meilleur gage d’un chemin réussi, pleinement vécu.

Ouvrir la route, pas à pas, à son souffle

Préparer son souffle et son endurance, ce n’est pas se transformer en athlète du jour au lendemain. C’est une invitation à reconnaître ce que le corps permet déjà, à l’écouter dans ses progrès, à l’entourer d’attention. Sur le chemin de Compostelle ou ailleurs, c’est finalement la régularité, la douceur, et la confiance en son propre pas qui donnent la vraie capacité à marcher loin. Et cela, à tout âge.

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